Habiter le Monde en Poète

04 octobre 2017

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Habiter les ruines. Transformer – Réinventer, de Olivier Darmon

Éditions Gallimard, Coll.  « Alternatives »

 

Habiter les ruines(1)

Avec ses 76 pages en quadrichromie et ses 200 illustrations, l'ouvrage du journaliste Olivier Darmon permet au lecteur de se rendre compte du génie créateur d'une architecture qui, justement, n'est pas focalisée sur une créativité basée sur la table rase. Ici, au contraire, les ruines d'anciennes habitations, d'anciennes installations servent de matière première, ou, pour être plus juste, de nouveaux cadres de vie. Pour prendre les mots de l'auteur, l'idée de ce paradigme singulier de l'architecture n'est pas de démolir pour reconstruire « mieux ». La vingtaine des réalisations présentées (Allemagne, Brésil, Mexique, Chine, Espagne, États-Unis, Grande-Bretagne, République tchèque, France) illustre cette démarche. L'auteur écrit : « Les projets qui suivent procèdent davantage de ces objectifs que d’une attitude nostalgique. Il s’agit là de réconcilier les ruines avec les usages d’aujourd’hui, de raccommoder, recoudre, de conserver tout en transformant, soit de réinventer, de valoriser, parfois avec une économie de moyens qui loin de perturber le projet le stimule (…) Découpage, collage, détournement, superposition : autant d’action aptes à opérer la renaissance des ruines, bâtiments morts faute de réutilisateurs, à envisager comme autant d’espaces disponibles ». (p. 12). Dans cette optique, les ruines deviennent alors le paysage, le cadre au sein duquel (dedans ou à côté) une nouvelle construction s’insère. (Mohammed Taleb)

 

Parution : Octobre 2016

Format : 220 x 240 mm

Nombre de pages :

Prix : 32 €

ISBN : 978-207019-676-0

Posté par Futuwwa à 11:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Juger l' architecture, de Peter Collins

Editions Infolio, Coll. « Archigraphy »

Juger l'architecture

Ce livre est difficile, et en même temps passionnant. Il est difficile, car il nécessite une grande concentration dans le processus de lecture. Il est passionnant, car il prend le contre-pied d'une croyance profondément ancrée dans l'inconscient collectif. Selon cette croyance, l'architecture est un domaine de créativité qui entretiendrait des rapports privilégiés avec les arts plastiques. En fait, l'architecture serait lui-même un art. Certes, nous dit l'auteur, mais peut être qu'avec cette approche, nous perdons la finalité et la substance même de l’œuvre : répondre à des besoins sociaux et des exigences pratiques. Traduit de l'anglais par Pierre Lebrun, ce livre a été édité en 1971 à Londres. Son auteur, Peter Collins (1920-1981), est l'un des principaux théoriciens de l'architecture, historien et critique de la discipline. Dans Juger l'architecture, le projet théorique est de montrer, par l'exemple, que ce domaine est beaucoup plus en rapport avec les sciences juridiques et les sciences médicales qu'avec des pratiques comme celles de la sculpture ou de la peinture d'art. Cette analogie étable entre architecture et droit (essentiellement anglo-saxon) repose sur le fait que les jugements que les architectes et les magistrats sont amenés à formuler visent, non pas au bon plaisir personnel, à l'accomplissement de soi, à l'épanouissement sensoriel et sensible, mais à la « continuité historique » (à ne pas confondre avec la « contingence historique »), à « l'intérêt général », et cela dans une intégration durable de l'habitat à son environnement. (Mohammed Taleb)

 

Parution : Avril 2017

Format : 155 x 210 mm

Nombre de pages : 312

Prix : 28 €

ISBN : 9782884747691

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Habiter le temporaire. La nouvelle Maison des jours meilleurs, du Collectif «Mini Maousse»

Editions Gallimard, Coll. « Alternatives »/Cité de l'architecture & du patrimoine

 

Habiter le temporaire

 

Publiée sous la direction de Michel Bouisson et Fiona Meadows, cet ouvrage de 252 pages en quadrichromie quasi complet est le témoignage de la sixième édition du « Concours Mini Maousse », consacré à l'habitat temporaire. Le point de départ de cette question essentielle pour la collectivité, et qui se pose au croisement entre architecture et précarité, est l'Appel de l'Abbé Pierre, lancé sur Radio Luxembourg, lors de l'hiver 1954. Le célèbre religieux disait :

 

« Mes amis, au secours…

Chaque nuit, ils sont plus de 2 000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d’un presque nu. Devant l’horreur, les cités d’urgence,

Écoutez-moi : en trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l’un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne-Sainte-Geneviève ; l’autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s’accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l’on lise sous ce titre Centre fraternel de dépannage, ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime ».

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l’hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure.

Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France. Merci !

Chacun de nous peut venir en aide aux « sans abri ». Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques Déposez-les vite à l’hôtel Rochester3, 92, rue La Boétie. Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l’asphalte ou sur les quais de Paris.

Merci ! »

 

Deux ans après, comme réponse à l'appel, l’ingénieur-architecte Jean Prouvé propose une « Maison des jours meilleurs », à l'attention des plus démunis. « En posant comme sujet de sa sixième édition « Concevoir une unité d’habitation temporaire, éco-pensée et économe  », le concours Mini Maousse veut marcher dans les pas de Jean Prouvé pour faire renaître cette Maison des jours meilleurs, une promesse pour des centaines de milliers de personnes, sans domicile, travailleurs précaires, réfugiés, gens du voyage mais aussi d’envisager d’autres façons de construire notre habitat de demain, plus soucieuses des impératifs environnementaux. »(Mohammed Taleb)

 

Parution : Mai 2017

Format : 170 x 240 mm

Nombre de pages : 252

Prix : 25 €

ISBN : 978-207271-865-6

 

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Deux lettres à un jeune architecte, de Paul Andreu

Editions Fata Morgana

 

Deux lettres

Ce livre a une histoire. Toute commence au printemps 1999. Dans le contexte précis du concours pour la construction de l’Opéra de Pékin, il est demandé à l'architecte Paul Andreu de prononcer une conférence sur la façon qu'il a d'envisagé la théorie et la pratique de la discipline. Il a derrière lui des années d'expériences (des bâtiments de Charles-de-Gaulle à un musée de la mer à Osaka au Japon, et, en Chine, un gymnase à Canton, un centre musical à Shanghai et bien évidemment cet Opéra à Pékin). Mais au lieu de donner à sa conférence une forme académique, il préfère, loin du protocole, lire une lettre à un « jeune architecte », imaginaire, certes, mais destinataire de sa pensée. Il s'agit d'un hommage rendu, par delà les décennies, à la lettre de Rilke sur la poésie. En 2015, Paul Andreu réitère l'opération avec une seconde lettre, destinée à un second architecte. Nous sommes donc face à quatre personnes : nos deux jeunes et nos deux auteurs (car, en effet, 16 années les séparent!). Accompagné de dessins de l'architecte, ce livre ne rejette pas la théorisation, mais celle-ci ne doit pas avoir le dernier mot : « Évitons tout malentendu, écrit-il. Je ne refuse pas l’idée de théorie en architecture. Je crois même la théorie indispensable à la pratique de l’architecture. Mais je ne crois pas que la théorie puisse et doive jamais se transformer en une idéologie, une idéologie qui répond par avance à toutes les situations et qui fixe une fois pour toutes le domaine de la recherche. » (Mohammed Taleb)

 

Parution : Novembre 2016

Format : 140 x 220 mm

Nombre de pages : 80

Prix : 15 €

ISBN : 978.2.85194.975.2

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Contribution à une théorie de l'architecture, d'Auguste Perret

Editions du Linteau

Auguste Perret

Auguste Perret est l'un des plus grands architectes du 20ème siècle. Né en1874, il a interrompu ses études d’architecte afin de prendre la direction de l’entreprise de maçonnerie de son père. Toute sa vie oscillera entre ces deux pôles : l'architecture et la vie d'entreprise. Il est mort en 1954. Philosophe du béton, la matière architecturale de la modernité, a rédigé, durant le deuxième conflit mondial, une série d'aphorismes, accompagnés de citations d'auteurs. Le Corbusier dira à propos de la forme de ce livre : « La phrase courte et concise, la pensée toujours en action ; mais on ne fait pas de phrases ; moins encore de théories, pas du tout. Des interjections pouvant suffire et des rapports aigus de propositions qui sont comme les jalons de l’idée. » Cet ouvrage reproduit en fac-similé, dans un format légèrement réduit, la composition et la mise en page de la première édition de 1952 (par le Cercle d’études architecturales chez le libraire-éditeur André Wahl). En voici trois exemples :

 

La construction est la langue maternelle de l'architecte.

L'architecte est un poète qui pense et parle en construction.

 

De même que le squelette de l’animal, rythmé, équilibré, symétrique, contient et supporte les organes les plus divers et les plus diversement placés, de même la charpente de l’édifice doit être composée, rythmée, équilibrée, symétrique même. Elle doit pouvoir contenir les organes, les organismes les plus divers et les plus diversement placés, exigés par la fonction. Et la destination.

 

Caractère, style, harmonie jalonnent le chemin qui, par la vérité, conduit à la beauté.

 

(Mohammed Taleb)

 

Parution : Octobre 2016

Format : 113 x 175 mm

Nombre de pages : 64

Prix : 10 €

ISBN : 978-2-910342-99-9


02 octobre 2017

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

La ville en Europe, de Monique von Wistinghausen

Editions avant-propos

 

La ville en Europe

Monique von Wistinghausen a la passion de l'Europe, et cela est certainement un héritage familial. Elle est la fille du Belge Jean-Charles Snoy, qui fut l'un des signataires des Traités de Rome de 1957, actes fondateurs de la construction européenne. Son mari est un diplomate allemand, qu'elle accompagne dans ses nombreuses missions. L'une de ses grandes activités a été d'organiser, durant un quart de siècle, des voyages culturels pour des groupes rassemblant des jeunes issus de différents pays d’Europe. La ville en Europe est justement le fruit de cette expérience, et sa formation d'historienne permet à l'auteur de donner une profondeur à l'urbanité européenne. Le trajet historique proposé va de la naissance et de l'essor de l’entité urbaine en Europe, depuis la « polis » grecque jusqu’aux villes de la fin du XXe siècle. L'une des thèses de l'auteure est que « ce n’est pas le nombre d’habitants qui détermine l’impact de la ville en Europe, mais le degré de liberté et de créativité animant la communauté urbaine. » Sont abordées, pour la période actuelle, les questions de l'écologie, de la transition énergétique, de la mobilité, des migrations, de la démocratie sociale. Un plaidoyer pour une démocratie urbaine européenne. Avec ses illustrations qui jalonnent chaque page, ce livre est aussi un beau livre. (Mohammed Taleb)



Parution : 2016

Format : 210 x 297mm

Nombre de pages : 160

Prix : 29,50 €

ISBN : 978-2-39000-029-7

 

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Dessin d'architecture et habitat moderne. 1850-1920, de Guénolée Milleret

Editions Eyrolles

 

Habitat Moderne

Ancienne responsable des archives documentaires de la maison Yves Saint Laurent, Guénolée Milleret enseigne l'histoire de la mode notamment à la prestigieuse École nationale supérieure des Arts Décoratifs. Elle est l'auteure de nombreux ouvrages consacrés à l'histoire de la mode, de la décoration et de l'architecture. Collectionneuse, elle se passionne pour les arts appliqués et sur la façon moderne d'habiter le monde. Tel est l'objet de ce beau livre. A chaque page, une ou plusieurs illustrations, en couleur, essentiellement des dessins de façades d'habitation, des croquis, des plans d'architecture, des coupes, des perspectives. La matière iconographique est immense et elle permet de suivre les évolutions de l'art d'habiter à l'ombre de la modernité, entre les 19ème et 20ème siècles, et cela des villas de villégiature aux habitations de la classe populaire. « Premiers pavillons populaires, villas de villégiature, demeures bourgeoises et hôtels particuliers : l'habitat privé connaît une période faste entre le Second Empire et les années 1920. Ces maisons d'une infinie variété, plus que centenaires mais que nous habitons souvent encore, nous content maints usages oubliés, et tout simplement l'art de vivre de nos aïeux, entre esthétisme et nouvelles exigences de confort pour tous. » (Mohammed Taleb)

 

Parution : Octobre 2014

Format : 210 X 245 mm

Nombre de pages : 272

Prix : 35 €

ISBN : 9782212140224

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Habitat durable: L’évidence de la construction passive, de Jean-Loup Bertez et Jean-Claude Tremsal

Editions Gallimard, Coll.  «  Alternatives »

 

Habitat Durable

Les deux auteurs de ce livre sont des professionnels de la façon écologique d'habiter les lieux. Jean-Loup Bertez est Ingénieur Civil des Mines depuis 1973. Après une formation dans le domaine de l'administration des entreprises (1978), il a été salarié durant vingt ans avant de créer ses propres entreprises, la dernière, Zen&rgie ayant été fondée en 2007. Il œuvre depuis dix ans à la connaissance de la construction passive en France. Il a notamment organisé à quatre reprises les Assises nationales de la construction passive. Jean-Claude Tremsal, lui, a dirigé durant trente ans une entreprise de construction et fondé en 2008 OZE (Objectif zéro énergie). Il a aussi assuré la direction d’une usine Saint Gobain Vitrage. Il est formateur à la construction passive. En 2012, tous les deux fondent la Fédération française de la construction passive. Abondamment illustré, l'ouvrage propose une structure en trois temps : un exposé pédagogique et documenté ; 25 inserts thématiques pour approfondir des aspects techniques ou réglementaires et 10 études de cas présentent de vrais bâtiments passifs, construits et certifiés en France. Voici comment et pourquoi les auteurs posent la nécessité d'une construction passive des bâtiments : « L'empreinte énergétique des bâtiments conventionnels pèse lourdement sur l'avenir de la planète, il est temps pour notre société d'engager les évolutions réellement nécessaires afin de mieux la préserver, tout en prenant davantage en considération le bien-être de l'habitant. Les auteurs de cet ouvrage s'attachent à démontrer l'intérêt de la construction passive : grâce à elle, économiser l'énergie et respecter le climat cessent d'être une injonction pour devenir un confort. En effet, par ses seules qualités constructives, la rigueur et l'optimisation de sa conception et de sa réalisation, un bâtiment passif assure sa propre régulation thermique et climatique, sans nécessiter l'installation d'un chauffage conventionnel (chaudière, radiateurs, etc.). Mieux, à l'inverse de la construction classique, la construction passive ne peut se contenter d'une qualité moyenne : elle exige l'excellence, sans pour autant imposer de surcoût. Ecrit pour un large public, cet ouvrage n'est pas un manuel technique mais un ouvrage d'explication, de réflexion et de proposition pour un véritable habitat durable. Il s'adresse à tous ceux qui souhaitent construire, rénover ou améliorer le fonctionnement de leur lieu de vie ou de travail, mais aussi aux professionnels, experts et institutionnels du bâtiment. » (Mohammed Taleb)

 

Parution : Avril 2017

Format : 250 X 180 mm

Nombre de pages : 288

Prix : 29,90 €

ISBN : 978-2072692987

 

 

Les Architectures organique, vivante, écologique, vernaculaire

Histoire de l'habitat idéal. De l'Orient vers l'Occident, d'Augustin Berque

Editions Le Félin poche, Coll. : «  Les marches du temps »

L'histoire de l'habitat idéal

Fils du célèbre islamologue Jacques Berque, Augustin Berque s'est dédié à un autre Orient, extrême celui-là, la Chine et surtout le Japon. Son nom et son œuvre immense sont incontournables pour ceux et celles qui veulent se familiariser avec les visions du monde, les vécus, les perceptions et les représentations spirituelles et culturelles de cette humanité-là. Jusqu'à sa retraite en 2011, ce géographe, orientaliste, et philosophe fut Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), à Paris. Il fut le premier occidental à recevoir, en 2009, le Grand Prix de Fukuoka pour les cultures d'Asie. Cet ouvrage, Histoire de l'habitat idéal, était sorti en 2010, et les éditions Le félin ont eu l'heureuse initiative de le rééditer en 2016, sous un format de poche. Ce terme « histoire » dit bien la perspective de notre auteur ; explorer le temps, sur 3000 ans, de l'aventure humaine à partir d'un questionnement en apparence simple, mais en réalité éminemment complexe, celui de notre habitation du monde. Mais la perspective historique ne fuit pas la réalité. Au contraire, l'auteur essaie de mettre à jour les lignes de force d'un paradoxe contemporain : « C'est l'histoire des raisons pour lesquelles la société urbaine des pays riches en est venue à idéaliser le modèle de l'habitation individuelle au plus près de la nature. De ses plus anciennes expressions mythologiques jusqu'à l'urbain diffus contemporain, cette histoire couvre plus de trois millénaires. Elle aboutit aujourd'hui à un paradoxe insoutenable : la quête de « la nature » détruit son objet même : la nature. Associée à l'automobile, la maison individuelle est effectivement devenue le motif directeur d'un genre de vie dont l'empreinte écologique démesurée entraîne une surconsommation, insoutenable à long terme, des ressources de la nature. » Ainsi, la demande écologique peut aussi être un problème pour la nature ! Accompagnant la perspective temporelle (l'histoire), Augustin Berque explore aussi l'espace (la géographie), présentant les tendances générales de l'habitat contemporain dans les pays riches (Amérique du Nord, Europe occidentale, Japon...), et des conséquences sur l'environnement, et sur notre propre condition anthropologique. Augustin Berque se fait simultanément poète et philosophe quand il questionne les liens et les différences entre l'Orient et l'Occident. Un plaisir : Lisons le :

« Pour écouter le vent, il faut faire taire les machines; ou plutôt, qu’il n’y ait pas de machines du tout. C’est pourquoi les sociétés prémécanistes ont eu loisir de méditer beaucoup sur la vertu des souffles qui peuplent l’univers et habitent notre corps, parlant d’atman, de pneuma, de spiritus, voire de souffle cosmique (qi), alors que nous avons affaire, d’abord, aux gaz d’échappement de nos voitures (il est vrai que nous pouvons aussi parler du vent solaire, que lesdites sociétés ne connaissaient pas).

Le vent ne se voit pas, sinon par ses effets, mais il se sent par tous les pores, et pénètre au plus profond de nous-mêmes. Les «sages nus» (gymnosophistes) de l’Inde ancienne, comme les appelèrent les Grecs, ont très tôt appris qu’il est en nous le messager de l’univers, et se sont donc efforcés d’accorder à Vayu, le dieu du vent, leur propre souffle vital ou leur âme (atman, mot de même racine que notre atmosphère). Ainsi ont-ils pu développer des facultés hors du commun: en phase avec l’univers, par la maîtrise de leur souffle et par la force du vent.

Ce pouvoir cosmisant que possède le vent, d’où le tient-il ? Assurément de ce que nous sommes des êtres terrestres, aérobies, et qu’il incarne donc à une autre échelle, l’échelle du monde qui nous entoure, ce même souffle qui tient chacun de nous en vie. Le vent, c’est le souffle du kosmos – le souffle qui tient notre monde en vie. » (p. 10)

 

Voici la table des matières du livre : 

Prologue. Le vent qui ruisselle

9 • § 01. Au désert de Borrego

10 • § 2. Pour écouter le vent

11 • § 3. Le vent et la Terre

13 • § 4. L’écoulement du vent

15 • § 5. Le sentiment du vent

17 • § 6. Habiter

 

PREMIÈRE PARTIE

CHINE

 

23 • Chapitre I. La quête de l’immortalité

23 • § 7. Histoire de la Source aux fleurs de pêcher

26 • § 8. Remonter vers la Femelle obscure

33 • § 9. Le voyage dans l’Ouest

38 • § 10. Que ne puis-je, comme le roi Mu…

43 • § 11. Lieu à part, temps à part

48 • § 12. La promenade en immortalité

 

55 • Chapitre II. La retraite hors les murs

55 • § 13. La muraille, c’est la ville

59 • § 14. Au-delà des murs

66 • § 15. Le principe de Xie Lingyun

73 • § 16. L’ermitage

76 • § 17. Fiction, ou authenticité ?

 

89 • Chapitre III. La naissance du paysage

89 • § 18. Le principe de la grotte de Pan9

92 • § 19. Avant le paysage

101 • § 20. L’acte de naissance du paysage

107 • § 21. L’assomption du pays en paysage

112 • § 22. Le principe de Zong Bing

115 • § 23. Paysage et forclusion du travail social

122 • § 24. Regard individuel et regard social

128 • § 25. Érème et paysage

 

DEUXIÈME PARTIE

JAPON

 

135 • Chapitre IV. La vue sur le mont Lu

135 • § 26. Le chalet de référence

143 • § 27. Le pays natal du corps social

150 • § 28. La recherche de l’érème

158 • § 29. Le déploiement de l’espace

165 • § 30. Dedans et dehors

172 • § 31. L’essence de l’habiter

 

181 • Chapitre V. De la cabane à thé à la ville-campagne

181 • § 32. Tsuboniwa

188 • § 33. Sukiya

194 • § 34. La colonne érémitique

197 • § 35. Un goût de campagne

207 • § 36. Réalité de la fiction

 

215 • Chapitre VI. L’échappée suburbaine

215 • § 37. Sauter dans la nature

219 • § 38. « The Chinese connection »

226 • § 39. La maison délicieuse

234 • § 40. De la métaphore à l’hygiénisme

242 • § 41. Tristes campagnes

250 • § 42. Lotissements, du train au my car

 

INTERMÈDE

VOIR COMME

 

256 • Figures 1 à 20

 

TROISIÈME PARTIE

TERRE/MONDE

 

279 • Chapitre VII. Mécanique de la ville-campagne

279 • § 43. En avant dans la nature !

281 • § 44. L’avènement de Cyborg

285 • § 45. Paysage et désurbanité

293 • § 46. L’acosmie de l’urbain diffus

296 • § 47. Capitalisme et Cyborg science

 

303 • Chapitre VIII. Un monde sans base

303 • § 48. Topos et acosmie

311 • § 49. La forclusion du corps médial

317 • § 50. La fétichisation de l’objet

323 • § 51. Le corps consommateur

329 • § 52. Construire Lucy in the sky

336 • § 53. L’absolutisation du monde

 

345 • Épilogue. Au bois de châtaigniers

345 • § 54. L’échelle des choses

347 • § 55. La forclusion du travail

350 • § 56. Le danger, le recours

 

357 • BIBLIOGRAPHIE

375 • INDEX DES SINOGRAMMES

 

(Mohammed Taleb)

22 août 2017

Danger sur les Abeilles sauvages

Découvrir et protéger nos abeilles sauvages, Nicolas Vereecken

Editions Glénat, Coll. « Les Clés Nature »

Nos abeilles sauvages

Ingénieur en sciences agronomiques, et docteur en sciences biologiques, le belge Nicolas Vereecken est professeur d’agroécologie à l’Université libre de Bruxelles. En outre, il est photographe spécialisé dans la macrophotographie des abeilles sauvages. Ces dernières constituent son domaine de prédilection et l'ouvrage qu'il nous propose remplit à merveille son office, celui d'être un référentiel dans la connaissance des abeilles sauvages. Il rappelle que les abeilles sauvages sont à l'échelle planétaire victimes d'un déclin comparable à celui, bien connu maintenant, des abeilles domestiques. L'idée-force du livre n'est donc pas seulement de fournir aux lecteurs une information scientifique de qualité, mais aussi de le pousser à l'action. Une quarantaine de pages est consacrée à cette question : comment accueillir chez soi les abeilles sauvages ? Il développe à ce propos une riche réflexion à propos des ruches. En effet, nous apprenons que si l'abeille domestique vit en colonie, de nombreuses espèces d'abeilles sauvages nichent seules. Il y a ainsi des abeilles qui pondent dans des petits terriers, que l'on peut voir en bord de chemin ou dans les jardins (abeilles terricoles), des abeilles qui préfèrent investir des tiges creuses (abeilles caulicoles), d'autres encore qui adorent les coquilles d’escargots vides (abeilles hélicicoles). N'oublions pas aussi les abeilles tapissières, utilisant des feuilles de rosier ou des pétales de coquelicot pour tapisser leur nid, et les abeilles maçonnes, cimentant leur nid. On y trouve une foule de renseignements sur ce royaume, même si au passage, l'auteur déconstruit certaines affirmations, comme celle attribuée à Albert Einstein : « Si l'abeille disparaissait de la surface de la Terre, l'homme n'aurait pas plus de quatre années à vivre ». En fait, l'idée originelle fut formulée par Charles Darwin, et reprise ensuite par le prix Nobel de littérature Maurice Maeterlinck. Mais, l'essentiel n'est pas dans le fait de savoir si le grand physicien a bien dit cela (et il y a de nombreux indices qui indiquent le contraire), mais dans la prise de conscience qu'un péril menace ces insectes sauvages et fragiles. L'ouvrage est abondamment illustré de belles images qui montrent les abeilles dans leur environnement, dans les différentes phases de leur cycle de vie, et dans toute la diversité qui les caractérise. (Mohammed Taleb)

 

Parution : Avril 2017

Format : 175 x 248 mm

Nombre de pages : 192

Prix : 25 €

ISBN : 9782344021521